Il est à la mode de percevoir comme logique la fin de l’ordre de Yalta au terme des années 1980, de tenir pour inéluctable la chute du communisme, de considérer comme naturelle l’unification européenne, de se moquer des pays d’Europe centrale et orientale mal préparés à l’intégration dans l’Union européenne. Cela revient à banaliser les événements inouïs de l’année 1989, à relativiser la transformation radicale du destin de centaines de millions d’Européens, à minorer le rôle de quelques hommes-clés, à accepter le discours pessimiste sur la vieille Europe vouée au déclin. Cependant, hormis le milliard de Chinois et les 245 millions de Soviétiques, 1989 a représenté un énorme changement pour les 140 millions d’habitants de l’Europe centrale et orientale. Loin de la morosité, et sans masquer les ambiguïtés, il faut restituer la force et l’unicité de 1989, cette année extraordinaire.
En France, l’année du bicentenaire
De l’URSS à la CEI : la perestroïka de Gorbatchev en Russie
En Chine, la tragédie de la place Tian’anmen
L’exode de RDA
La chute du mur de Berlin
La Pologne de Solidarność
La révolution de velours de Václav Havel en Tchécoslovaquie
La Hongrie, première de la classe ?
L’effondrement de la Roumanie des Ceauşescu
La Bulgarie, entre yaourt et parapluie
Les lézardes de l’édifice yougoslave
Orientation bibliographique
Jean-Philippe Béja, À la recherche d’une ombre chinoise. Le mouvement pour la démocratie en Chine (1919-2004), Paris, Le Seuil, 2004, 262 p.
Ivan T. Berend, From the Soviet Bloc to the European Union, Cambridge, Cambridge University Press, 2009, 299 p.
Patrick Garcia, Le Bicentenaire de la Révolution française. Pratiques sociales d’une commémoration, Paris, CNRS édition 2000, 355 p.
Mikhaïl Gorbatchev, Mémoires : une vie et des réformes, Monaco, Éditions du Rocher, 1997, 941 p.
Jacques Rupnik, L’Autre Europe, Paris, rééd. Points-Seuil, 1993, 445 p.
Jean-François Soulet, Histoire de l’Europe de l’Est de la Seconde Guerre mondiale à nos jours, Paris, Armand Colin, 2006, 263 p.