« Il n’y a en art, ni passé, ni futur. L’art qui n’est pas dans le présent ne sera jamais » a dit Pablo Picasso(1)... Pour le deuxième volet de cette aventure artistique, deux intervenants passionnés. L’un et l’autre, avec des sensibilités et des missions différentes, sont des acteurs de la scène de l’art contemporain.
L’art dans l’espace public : la modernité a fait descendre l’art de son « socle », lui donnant une place dans l’espace physique, l’espace public. Petit précis de la commande publique, de Rodin à Daniel Buren. Projection d’un film sur la commande passée par un groupe d’habitants du Vieux Tours à l’artiste Xavier Veilhan.
L’art contemporain, la mémoire et la mort : de tout temps, l’art a eu à voir avec la mort. Ce lien s’affirme depuis quelques années dans des projets aussi emblématiques que la commande passée par le service de médecine légale de l’Hôpital de Garches à l’artiste Ettore Spaletti. Diffusion d’un film sur cette commande et sur celle passée par de jeunes adolescents en mémoire de deux de leurs amis disparus dans un accident de la route.
Dessin et dessein, pratiques et mutations actuelles : lieu de la pensée première de l’artiste, le dessin a vu, au cours du XXe siècle, son statut muter pour gagner en autonomie : il n’est plus seulement préparatoire à la peinture ou relégué à l’intimité du carnet de croquis, et les moyens employés (frottages, outils détournés, vidéo) ont remis en cause sa définition même. Désormais, le dessin est partout, des traces d’un avion dans le ciel jusqu’aux mouvements dansés d’un corps.
Matisse, la couleur comme matériau : au cours du XXe siècle, Matisse et Picasso se sont imposés comme des figures tutélaires, comme s’il fallait choisir entre la décoration des Odalisques et l’engagement politique de Guernica. En réalité, l’œuvre de Matisse est plus complexe. Derrière la volupté et le calme apparents, il a inventé une nouvelle utilisation de la couleur et créé son propre matériau avec les papiers découpés, innovations qui trouvent encore leur écho dans la peinture actuelle.
À l’occasion de l’exposition du Centre Pompidou, Jérôme Poggi propose :
Munch, peintre et écrivain : on ignore que Munch eut une activité littéraire originale et personnelle. À l’occasion de la parution d’un recueil des écrits du peintre, qu’il édite aux Presses du Réel, Jérôme Poggi éclairera cet aspect de l’activité de Munch, à la lumière de ses tableaux et des événements les plus marquants de sa vie.
Edvard Munch, L’œil moderne 1900- 1944, Centre Pompidou, 21 sept. 2011- 9 janv. 2012