Pascal, dans les Pensées, notait : « Ne pouvant faire qu’il soit force d’obéir à la justice on a fait qu’il soit juste d’obéir à la force. »
Nous aimerions engager une réflexion sur la justice à partir du rapport qu’elle entretient avec la force. S’agit-il de juguler la force, d’échapper à la domination du plus fort en faisant appel à des droits fondamentaux de l’homme ? Il nous incomberait alors de déterminer quels sont ces droits afin de fixer la part qui doit revenir à chaque homme. Ou bien s’agit-il de reconnaître que la justice n’est jamais que la façon dont une certaine forme de domination s’impose ? Il nous faudrait alors comprendre comment les lois sont l’expression de ce que Nietzsche appelait « volonté de puissance ».
Pour développer notre réflexion, nous nous appuierons aussi bien sur les tragiques grecs (Eschyle, avec Les Euménides, Sophocle, avec Antigone), que sur les philosophes (Hobbes, le Léviathan ; Pascal, les Pensées) ou le cinéma (Preminger, Autopsie d’un crime).